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Urticaire familial au froid
Ecrit par National Organization for Rare Disorders (NORD), et publié il y a plus de 2 ans.
Le syndrome familial auto-inflammatoire au froid (SFAF), également connu sous le nom d’urticaire familial au froid, est une maladie inflammatoire héréditaire rare, caractérisée par une éruption cutanée transitoire avec fièvre, douleurs articulaires et autres signes ou symptômes d’inflammation généralisée faisant suite à une exposition au froid. Le SFAF apparaît chez le nouveau-né ou le jeune enfant et persiste tout au long de la vie du patient.
Le SFAF fait partie des syndromes périodiques associés à la cryopyrine provoqués par des mutations du gène CIAS1/NLRP3. Ces syndromes sont caractérisés par une éruption cutanée avec fièvre et douleurs articulaires.
Le SFAF présente des symptômes communs, et ne doit pas être confondu, avec l’urticaire au froid acquis, maladie plus fréquente causée par différents mécanismes qui se développe habituellement à un âge plus avancé et est rarement héréditaire.
Symptômes
Les personnes atteintes du SFAF présentent des symptômes récurrents, bénins à débilitants, tels qu’éruptions cutanées, fatigue, fièvre et refroidissements, douleurs articulaires et conjonctivites (inflammation de la membrane qui recouvre l’œil, provoquant rougeurs, gêne et larmoiements).
Autres symptômes possibles : transpiration abondante, somnolence, maux de tête, soif extrême, yeux rouges, vision trouble, douleurs oculaires, larmoiements et nausée.
Les symptômes apparaissent dans les heures qui suivent une exposition au froid. Dans la plupart des cas, une éruption cutanée survient dans l’heure ou les deux heures suivantes, accompagnée de fièvre et de douleurs articulaires. Les crises durent généralement moins de 24 heures.
Causes
Le SFAF est une maladie généralement héréditaire à transmission autosomique dominante, provoquée par une mutation hétérozygote du gène CIAS1/NLRP3 qui code la protéine cryopyrine (NALP3). D’après les hypothèses formulées, les mutations de ce gène augmenteraient l’activité d’un complexe protéique contenant de la cryopyrine. Ce complexe, connu sous le nom d’inflammasome, régule l’inflammation du corps humain. Une activité accrue de cet inflammasome augmente la sécrétion d’une protéine appelée interleukine (IL) 1ß, à l’origine de symptômes inflammatoires dont la fièvre et les douleurs articulaires.
Populations touchées
Le SFAF ayant été découvert récemment, l’incidence et la prévalence réelles de cette maladie restent difficiles à déterminer.
Maladies associées
Les maladies ci-après peuvent présenter des symptômes similaires à ceux du SFAF et le chevauchement phénotypique est important. Des comparaisons peuvent servir à préciser le diagnostic.
La maladie inflammatoire multisystémique néonatale, ou syndrome chronique, infantile, neurologique, cutané, articulaire (CINCA), est une pathologie systémique inflammatoire congénitale rare caractérisée par une éruption cutanée transitoire avec fièvre, douleurs articulaires anormales et atteinte du système nerveux central, qui apparaît chez le jeune enfant. Le syndrome CINCA, forme la plus grave des syndromes périodiques associés à la cryopyrine, est souvent provoqué par des mutations du gène CIAS1/NLRP3.
Le syndrome de Muckle-Wells fait partie des syndromes périodiques associés à la cryopyrine. Les personnes atteintes souffrent souvent de fièvres, de refroidissements et de douleurs articulaires épisodiques. Ces symptômes sont parfois exacerbés par le froid comme pour le SFAF, mais peuvent avoir d’autres causes. Dans la plupart des cas, les patients atteints du syndrome de Muckle-Wells connaissent une perte progressive de l’audition. Quelquefois, ils finissent par développer une amylose, maladie caractérisée par l’accumulation anormale de la protéine amyloïde dans les tissus et les organes. Une accumulation d’amyloïde dans les reins provoque une défaillance rénale, souvent irréversible lorsqu’elle n’est pas traitée.
Thérapies habituelles
Diagnostic
Le diagnostic du SFAF intervient après évaluation des symptômes du malade. Il est confirmé à l’issue d’une analyse génétique identifiant une mutation du gène CIAS1/NLRP3, quoique tous les patients atteints du SFAF ne présentent pas cette mutation.
Parmi les critères habituels qui distinguent le SFAF d’autres fièvres périodiques héréditaires et urticaires au froid acquis figurent :
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des crises de fièvre et des éruptions cutanées transitoires récurrentes faisant généralement suite à une exposition au froid ;
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des antécédents familiaux ;
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un âge d’apparition inférieur à 6 mois ;
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une durée des crises généralement inférieure à 24 heures ;
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la concomitance des crises avec des conjonctivites ;
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l’absence de gonflement oculaire, gonflement d’un ou plusieurs nœuds lymphoïdes, et sérite (inflammation de la membrane séreuse qui tapisse les parois de plusieurs cavités dont l’abdomen et le cœur).
Traitement
Si aucun médicament n’est actuellement indiqué dans le traitement du SFAF, les anti-inflammatoires non stéroïdiens servent souvent à soulager les douleurs articulaires. De fortes doses de corticoïdes ont montré une certaine efficacité, mais peuvent entraîner des effets indésirables à court et à long terme.
Le 27 février 2008, aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a autorisé la commercialisation d’un médicament destiné à soulager les douleurs des personnes atteintes de maladies inflammatoires chroniques. Arcalyst (rilonacept inhibiteur de l’interleukine-1) est désormais autorisé pour le traitement à long terme de deux syndromes périodiques associés à la cryopyrine : le syndrome familial auto-inflammatoire au froid (SFAF) et le syndrome de Muckle-Wells.
Les effets indésirables associés à l’utilisation d’Arcalyst les plus fréquemment rapportés incluent des réactions au site d’injection et des infections des voies respiratoires supérieures.
La FDA a accordé à ce médicament un statut prioritaire, qui accélère le processus d’examen pour les malades dont les besoins médicaux ne sont pas satisfaits.
Arcalyst est fabriqué par Regeneron Pharmaceuticals Inc., Tarrytown, N.Y., États-Unis.
Pour en savoir plus sur la loi relative aux médicaments orphelins promulguée aux États-Unis : www.fda.gov/orphan/
[ajouté par le redacteur Communauté Maladies Rares] La Commission européenne a délivré une autorisation de mise sur le marché valide dans toute l’Union européenne pour Arcalyst à Regeneron UK Limited, le 23 octobre 2009
Thérapies à l’étude
Lors d’études cliniques récentes, les inhibiteurs de l’interleukine-1 observés donnaient des premiers résultats encourageants pour traiter les inflammations liées à la maladie, mais ces produits candidats n’ont pas été autorisés par la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement du SFAF.
Regeneron Pharmaceuticals a soumis à la FDA une demande de licence pour que son IL-1 Trap (rilonacept) soit autorisé dans le traitement à long terme des syndromes périodiques associés à la cryopyrine. L’IL-1 Trap est un inhibiteur à longue durée d’action de l’interleukine (IL) 1 et deviendra, si cette demande aboutie, le premier médicament indiqué dans le traitement de ces syndromes.
Les informations relatives aux essais cliniques en cours sont publiées sur le site Internet www.clinicaltrials.gov. Toutes les études financées par les pouvoirs publics américains et certaines de celles soutenues par des fonds privés sont mentionnées sur ce site gouvernemental.
Pour en savoir plus sur les essais cliniques en cours au NIH Clinical Center à Bethesda, dans le Maryland (États-Unis), contacter le Bureau de recrutement des malades (Patient Recruitment Office) :
N° vert : +1 800 411-1222
TTY : +1 866 411-1010
Mél. : prpl@cc.nih.gov
Pour en savoir plus sur les essais cliniques financés par des fonds privés: www.centerwatch.com
L’anakinra, antagoniste du récepteur de l’IL-1, s’annonce prometteur pour avoir amélioré les symptômes chez plusieurs petits échantillons de malades atteints du syndrome de Muckle-Wells. À l’heure actuelle cependant, il n’est autorisé par la FDA dans le traitement ni du syndrome de Muckle-Wells ni d’aucun autre syndrome périodique associé à la cryopyrine.
Novartis Pharmaceuticals élabore actuellement un anticorps anti IL-1, qui serait efficace pour traiter les syndromes périodiques associés à la cryopyrine.
[ajouté par le redacteur Communauté Maladies Rares] La Commission européenne a délivré une autorisation de mise sur le marché valide dans toute l’Union européenne pour canakinumab (Ilaris) à Novartis Pharmaceuticals, le 23 octobre 2009
Organismes de référence
Genetic and Rare Diseases (GARD) Information Center
PO Box 8126
Gaithersburg MD 20898-8126
États-Unis
Tél. : +1 3015193194
N° vert : +1 8882052311
Mél. : gardinfo@nih.gov
Site Internet : www.genome.gov/10000409
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PO Box 241956
Los Angeles CA 90024
États-Unis
Tél. : +1 3102640826
Mél. : getinfo@madisonsfoundation.org
Site Internet : www.madisonsfoundation.org
NIH/Office of Rare Diseases
Steve Groft, Pharm.D.
Bethesda MD 20892
États-Unis
Tél. : +1 3014024336
Mél. : hh70f@nih.gov
Site Internet : www.rarediseases.info.nih.gov/ord/
NOMID Alliance, Inc.
P.O. Box 590354
San Francisco CA 94159
États-Unis
Tél. : +1 4158318782
Mél. : site_manager@nomidalliance.net
Site Internet : www.nomidalliance.net
Plateforme maladies rares (France)
Tél. (n° Azur) : 0 810 63 19 20 (au prix d’un appel local)
Mél. : info-services@maladiesrares.org
Site Internet : www.plateforme-maladiesrares.org
AMWS/CINCA (France)
Association pour l'aide aux personnes concernées par les maladies rares Muckle et Wells Syndrome et CINCA.
Email: amws [@] orange [point] fr
Tel: +33 (0)2 40 50 85 30
Bibliographie
1. Hoffman, H.M., Mueller, J.L. et al. « Mutation of a new gene encoding a putative pyrin-like protein causes familial cold autoinflammatory syndrome and Muckle-Wells syndrome », Nature. 2001;29, 301-305.
2. Hoffman, H.M., Wanderer, A.A. et Broide, D.H. « Familial cold autoinflammatory syndrome: Phenotype and genotype of an autosomal dominant periodic fever ». J Allergy Clin Immunol. 2001 ; 108(4), 615-620.
3. Stojanov, S. et Kastner, D.L. « Familial autoinflammatory diseases: genetics, pathogenesis and treatment », Current Opinion in Rheumatology. 2005 ; 17, 586-599.
4. Drenth, J.P.H. et van der Meer, J.W.M. « The Inflammasome - A Linebacker of Innate Defense », New England Journal of Medicine. 2006;355(7), 730-732.
5. Familial Cold Autoinflammatory Syndrome (FCAS). Disponible à l’adresse : www.nomidalliance.net/subpage1.html Dernière consultation : le 21 novembre 2006.
Sur Internet :
Hoffman, HM. Cold Autoinflammatory Syndrome, Familial. Orphanet Encyclopedia. Novembre 2003 : http://www.orpha.net/data/patho/GB/uk-FCAS.pdf
Remerciements
NORD tient à remercier le Dr Hal Hoffman, professeur associé en médecine et en pédiatrie au département de rhumatologie, allergologie et immunologie de l’École de médecine de San Diego, Université de Californie, pour son aide dans la préparation de ce dossier.
Les informations enregistrées dans la base de données de NORD consacrée aux maladies rares sont réservées à un usage éducatif. Elles ne doivent en aucun cas servir à établir soi-même un diagnostic ou à définir un traitement. Si vous avez des questions sur une pathologie, demandez toujours conseil à votre médecin ou à d’autres professionnels de santé qualifiés. Les dossiers de NORD donnent les principales caractéristiques de certaines maladies rares. Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous encourageons à contacter votre médecin traitant ou les organismes mentionnés à la section « Organismes de référence » de ce dossier.
Tous droits réservés, 2007
Ecrit par National Organization for Rare Disorders (NORD), et publié il y a plus de 2 ans.



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